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Bien-être

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Trouver la paix en soi, une étape nécessaire pour ensuite être en paix avec les autres. Aujourd’hui, « se faire du bien » est à la fois culpabilisant, et en vogue. Une présentation de différentes voies qui amènent toute à la même destination : le bien-être ou comment être bienveillant avec nous-mêmes.

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25
novembre
2015

Miroir, mon beau miroir... Vivre avec les cicatrices du cancer

Le 25 novembre 2015 dans la catégorie Bien-être
Miroir, mon beau miroir... Vivre avec les cicatrices du cancer
Bien-être

Notre aspect extérieur joue sur notre estime de soi. Que nous laissions ce pouvoir au miroir, au regard des autres, en dit long sur les diktats de la société. Quand le cancer laisse des cicatrices, long est le chemin pour se réapproprier ce nouveau corps, ce nouveau "soi". Mais en changeant son regard sur ce que nous voulons que notre image dise de nous, on peut transformer ce que l'on pensait être un handicap, en une force de vie nouvelle, un atout à arborer avec fierté.

Nous nous rappelons tous cette tirade de la Méchante Reine dans Blanche-Neige, alors campée devant le miroir magique, le questionnant sur sa beauté : "Miroir, Ô mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ? », et gare à sa réaction si la réponse ne faisait pas écho à sa vanité.

Comme la Reine, nous avons tendance à chercher l’approbation à l’extérieur, que ce soit dans notre reflet, et donc par projection, la manière dont nous pensons que les autres nous voient, ou directement dans le regard de l’autre. Ce rapport narcissique, dont l’intensité varie avec la personnalité, est exacerbé par le culte du corps dans notre société. Pas une seconde sans qu’une publicité dans la rue, ou sur écran, ne nous vante (vende ?) les bienfaits d’un corps mince, musclé, respirant la santé et le bien-être.

Le cancer perturbe l’équation beau corps +santé = bien-être. Il entre sans crier gare, et généralement en faisant des ravages. Les traces laissées ne sont pas que sur le moral, mais bien dans la chair. Quand les altérations physiques subsistent après les traitements, il est difficile de passer devant un miroir, ou de se voir à travers le regard de l’autre, sans que cette cicatrice ne nous rappelle la maladie, le fait que nous ne sommes plus « comme avant », que nous ne sommes plus « beaux ».

Peu importe que cette cicatrice soit directement visible des autres ou non, tant que nous savons nous qu’elle existe, il nous semble qu’elle se voit comme si nous étions marqués d’un sceau infâme sur notre front « attention, j’ai eu un cancer ». Ce qui joue considérablement sur notre estime de soi.

L’estime de soi se différencie de la confiance en soi. En effet, estime de soi se conjugue avec être, alors que confiance en soi serait plutôt lié au verbe pouvoir[1]. On peut plus facilement renforcer la confiance en soi, car avec de l’aide, on peut apprendre et développer ses capacités, alors que lorsque notre image, ce que nous pensons être et ce que nous pensons que les autres voient de nous, est touchée, il est plus compliqué de remonter le curseur.

Comme toute croyance négative, qui freine notre réalisation personnelle, il est bon d’en prendre conscience, de l’embrasser et… de la relâcher. Aussi difficile cela soit-il. Ce nouveau corps que l’on voit abîmé, n’est-il pas le symbole de notre force, de notre courage, de notre survie ? Plutôt que de marcher tête baissée, n’a-t-on pas le droit, tel un fier guerrier, de les porter en étendard ? Certes, il n’est utile de le faire au sens propre, mais du moins réaliser que nous sommes vivants malgré tout !

Chaque matin, je commence par un mantra de gratitude envers mon corps. Ce corps qui a été bien malmené, et dont les traces le long de mon cou en témoigneront pour toujours, mais pour mon propre bien finalement. Non seulement je suis encore sur cette Terre, mais à peine un mois après ma dernière opération, j’avais la chance d’être enceinte, une deuxième fois. Comment pourrais-je ne pas être admirative de ce corps qui m’a été donné ?

Se faire masser, par exemple, peut nous faire prendre conscience de notre corps est utile pour réapprivoiser ce dernier. Utile et même recommandé par plusieurs études[2], le massage participe à la réduction de symptômes post cancer comme la douleur, la fatigue, la dépression et les nausées.

Non, on ne sort pas physiquement indemne d’un cancer. Ne nous laissons pas déterminer par un miroir magique extérieur à nous, mais par ce que nous sommes. Qu’il vous ait privé d’un sein, d’une jambe, de la possibilité de donner la vie, il fait partie de votre histoire, de ce que vous êtes désormais : de superbes survivants, de la meilleure preuve de la force de vie qui vous anime, et qu’elle est belle !



[1]B. BERNARD, « Estime de soi, fragilité sociale, précarité et cancer », in Psycho-Oncologie. December 2011, Volume 5, Issue 4, pp 263-268.
[2]Fellowes D, Barnes K, Wilkinson SSM. “Aromatherapy and massage for symptoms relief in patients with cancer”. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008, Iss 4. (source: Cancer Council NSW http://www.cancercouncil.com.au/)