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Trouver la paix en soi, une étape nécessaire pour ensuite être en paix avec les autres. Aujourd’hui, « se faire du bien » est à la fois culpabilisant, et en vogue. Une présentation de différentes voies qui amènent toute à la même destination : le bien-être ou comment être bienveillant avec nous-mêmes.

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29
février
2020

Cancer : quand les thérapies complémentaires viennent en aide au patient

Le 29 février 2020 dans la catégorie Bien-être
Cancer : quand les thérapies complémentaires viennent en aide au patient

La médecine patriarcale et uniquement centrée sur l'organe au lieu de la personne, cela devient du passé. Aujourd'hui, les études (majoritairement américaines) démontrent les bienfaits d'une prise en charge globale. L'oncologie ne fait pas exception : on parle alors d'oncologie intégrative. Désormais, l'approche corps-esprit trouve sa place dans le parcours de soin. Alimentation, activité physique, sommeil du patients deviennent autant de paramètres à prendre en compte. L'objectif est évidemment de sauver la vie du patient, mais surtout de préserver un maximum sa qualité de vie. C'est le sujet d'un dossier de Tendances Premières qui a été retranscrit sous forme d'article.

L'oncologie intégrative est cette approche de la médecine centrée sur les besoins du patient, qui associe traitements médicaux conventionnels et thérapies complémentaires, approches corps-esprit ou modifications du style de vie. Tout ce qui va permettre à un patient atteint du cancer de mieux vivre son traitement, de pouvoir en surmonter les effets secondaires parfois lourds, voire de mieux récupérer par la suite.


 
Les thérapies complémentaires les plus utilisées par les patients sont : l’homéopathie, la prise de suppléments alimentaires, les régimes diététiques, la phytothérapie, l’acupuncture, l’activité́ physique adaptée, la méditation...
 

L'oncologie intégrative, c'est évaluer avec le patient, en fonction de ses besoins, quelle est la thérapie complémentaire qui lui convient à ce moment-là du parcours de soins et faire appel à des professionnels validés.

 
 En 1ère place, l'homéopathie


L'utilisation des médecines complémentaires dépend des cultures et des lieux. Elles ne sont pas les mêmes aux Etats-Unis et chez nous. Le reiki, thérapie énergétique, est par exemple utilisé principalement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
La première thérapie complémentaire utilisée en France et sans doute aussi en Belgique, c'est l'homéopathie.

 
Comment évaluer une médecine complémentaire ? Il y a deux critères :

 
1. La sécurité respectée. Le risque d'interaction médicamenteuse est réel, il ne faut pas prendre n'importe quoi sans demander conseil aux professionnels. On peut faire de graves erreurs par simple méconnaissance. Avec l'homéopathie, il n'y a aucun risque d'interaction médicamenteuse, à condition de vérifier qu'il s'agit bien de produits homéopathiques.
 

La sécurité peut être mise à mal par des professionnels de santé qui dépassent leurs domaines de compétences, qui ne sont pas au courant des spécificités du cancer, met en garde Ingrid Theunissen, gynécologue formée à la médecine intégrative et à l'homéopathie (CHIREC Delta).
 
 
2. L'efficacité. L'évaluation de la sécurité de ces thérapies complémentaires est en cours.


 
Un rapport de l’Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS - 2012) révèle que 60% des patients cancéreux font appel à des thérapies complémentaires et que 84% d'entre eux les trouvent efficaces.

 
"L'oncologie intégrative a effectivement prouvé son efficacité : le parcours de soin est adouci, les résultats sont meilleurs, les pronostics également", confirme Ingrid Theunissen.
 

Pour elle, ces avancées ont toujours existé. Aux Etats-Unis, ils se sont rendu compte que le phénomène est évolutif : l'activité physique adaptée fait maintenant partie de la base du traitement oncologique, tout comme le soutien psychologique, la prise en charge nutritionnelle, et désormais l'acupuncture et le mindfulness.

 
 La communication nécessaire


L'oncologue est en quelque sorte mis sur un piédestal, il est très important, mais il n'est pas le seul soignant autour du patient : il y a le médecin traitant, le pharmacien, l'onco-coach, le psychologue... il y a toute une équipe autour de lui, qui a sa valeur.

 
"L'oncologue fait son job de trouver la tumeur, de trouver le meilleur traitement, mais son job ce n'est pas vraiment les médecines complémentaires. A chaque médecin sa compétence et à chaque thérapeute complémentaire sa compétence", rappelle Ingrid Theunissen.
 

La communication entre médecins autour du patient est essentielle pour mettre ensemble savoirs et compétences, et pour éviter les manques.

 
"Faites ce que vous voulez avec vos petits trucs de sorcière", c'est ce que Magali Mertens a entendu lors de sa maladie. "On peut se retrouver face à des soignants butés, dans une relation un peu patriarcale. Il ne faut pas hésiter à demander un autre avis, à en parler à un autre médecin."
 

Quand on n'ose pas en parler, on ne permet pas à la médecine d'avancer, parce que c'est grâce aux patients que la médecine avance. Et on prend des risques - Ingrid Theunissen
 
 
Le patient empowerment


On prend aujourd'hui le patient dans sa globalité de vie, pas uniquement dans sa maladie du moment. On lui permet de devenir acteur et on l'aide concrètement à être acteur. Le volet empowerment du patient est renforcé, les études montrent que les résultats oncologiques sont meilleurs. Un patient plus investi dans son traitement est un patient qui va mieux y répondre.

 
Le patient empowerment, c'est faire des choix d'adultes responsables et cela commence surtout par bien s'informer, pour éviter les interactions dangereuses.

 
Dans sa propre expérience de patiente, Magali Mertens n'a gardé que ce qui marchait pour elle, que ce qui lui faisait du bien : "On est expert de sa propre santé. Il n'y a personne d'autre, même pas votre médecin, qui est dans votre corps. C'est vraiment important." Et elle a personnellement choisi l'acupuncture et la gemmothérapie pour compléter son traitement médical.

 
Dans son travail de coaching, elle apprend d'abord aux personnes à se recentrer et à faire un bilan sur eux-mêmes, pour les aider à communiquer aux professionnels ce qu'elles ressentent concrètement.
 

Les patients, déjà complètement bouleversés par la maladie, sont parfois inondés et ne savent plus quoi faire, quoi manger, quoi prendre, quoi essayer. On leur dit par ailleurs que leur mode de vie doit être questionné. Ils reçoivent des conseils multiples, lisent des choses sur internet.

 
Il faut se ramener à soi-même, voir ce qui fait du bien à soi-même. Il faut aussi s'impliquer et ne pas se contenter d'une ou deux séances. La méditation, par exemple, demande une pratique assidue avant de montrer ses bénéfices.

 
"On a tendance à zapper, à faire un shopping, mais quand on entame quelque chose, il vaut mieux le faire sur un temps plus long que simplement une ou deux fois", conseille Magali Mertens.


Source : RTBF Info

Ecoutez ici les conseils d'Ingrid Theunissen et Magali Mertens en matière d'éducation à la santé : alimentation et activité physique