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16
mai
2017

Après cancer: ne plus aller contre, mais avancer avec le courant

Le 16 mai 2017 dans la catégorie Conseils du coach
Après cancer:  ne plus aller contre, mais avancer avec le courant
Conseils du coach

Rencontrer le cancer, c’est soudain vivre toutes les émotions humaines à 1000% : la peur, la colère, la trahison, mais aussi l’espérance, la joie des choses simples et l’amour. Puis, quand il s’en va, qu’on est « de retour à la normale », il devient paradoxalement difficile de savoir qui l’on est, où l’on va. Et souvent, on lutte. On lutte contre la tristesse, le sentiment de vide, la peur de ne pas retrouver sa place au travail. Mais le pire : on lutte contre soi. Aller avec le courant de la vie serait plus confortable, mais nécessite lâcher-prise. Comment faire ?

Il y a déjà le vocabulaire autour de la maladie, un champ lexical de la guerre, on lutte, on se bat, on devient un guerrier, ou du moins c’est ce que la communication « anti-cancer », partant d'une idée bienveillante certes, essaye de nous faire croire. Je l’ai déjà dit, personnellement, je ne pense pas que ce soit une aide à la guérison, car la lutte est énergivore, alors que je suis partisane de mobiliser toutes les forces de mes cellules pour participer ensemble au rétablissement du bon fonctionnement de mon organisme. Il est évidemment aussi compréhensible que ce soit une manière de faire face pour d’autres. Par contre, une fois la « lutte » finie, où diriger votre énergie ?

C’est là la grande bizarrerie du cancer, on aimerait ne jamais le rencontrer, mais une fois que c’est fini, que l’on se retrouve en rémission, pas nécessairement tout de suite d’ailleurs, parfois plusieurs mois après la fin des traitements, nous sommest perdus. Le sentiment de vide, de tristesse qui s’installe laisse la personne perplexe. N’a-t-elle pas traversé le plus difficile ? N’a-t-elle pas la chance de vivre ?

En réalité, la plupart d’entre nous passent leur vie à aller CONTRE eux-mêmes. Sans nul doute, à cause des croyances transmises par la société, les fameuses petites voix du passé (sois parfait, fais plaisir, sois fort, dépêche-toi, fais des efforts). S’il faut aussi leur reconnaître les qualités de leur défaut, certains messages nous empêchent d’avancer, d’être pleinement nous. C’est sur ceux-là qu’il faudra choisir de lâcher prise.

Revenons sur le cancer et l’idée largement répandue qu’il FAUT SE BATTRE… laissez-moi vous partager la parole d’un patient en rémission tiré du livre d’Emmanuel Carrère « D’autres vies que la mienne » :

Les cellules cancéreuses sont autant toi que les cellules saines (…) elles ne sont pas un corps étranger (…) elles font partie de toi (…). Ton cancer n’est pas un adversaire, il est toi.

Combattre notre propre corps, c’est comme si vous essayez de chauffer votre foyer en laissant les fenêtres grandes ouvertes en plein hiver.  C’est énergivore et sans grande chance de réussite. Essayez plutôt vous concentrez sur l’intérieur de votre foyer. Fermez les fenêtres, nourrissez l’âtre. C’est pourquoi je préfère parler de processus de GUÉRISON du corps. C’est ce processus qui a fait défaut. C’est ce processus qui doit être stimulé.

Et c’est pareil face à soi-même après la « bataille », quand la maladie est partie, mais qu’elle a laissé son lot de cicatrices en forme de point d’interrogation. Comment avancer dans l’après ? Comment lâcher le contrôle et laisser l’énergie de la vie nous emporter dans son courant plutôt que de lutter contre elle ? C’est sans doute une des facettes curieusement positives de la maladie. Nous faisons des bonds de géant dans la matière la plus simple, finalement : VIVRE.

Toute la sagesse pratique du lâcher-prise se trouve sans doute synthétisée dans la magnifique Prière de la Sérénité : "Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d’en voir la différence."

Voici quelques exercices pratiques de lâcher-prise à intégrer petit à petit à votre vie :

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  • Remplacer « il faut » par « je choisis »

  • Posez-vous aussi souvent que nécessaire la question suivante : est-ce que cela (cette activité, ce rendez-vous…) participe à mon bien-être ? Comment puis-je l’intégrer davantage à mon mode de vie ?

  • Quelles sont les tâches que je peux déléguer ? Une question difficile pour les perfectionnistes, mais n’oubliez pas qu’à l’impossible nul n’est tenu, et que vous vous faites en vous déchargeant, mais aussi à l’autre qui reçoit votre confiance

  • La méditation, dont les vertus sont multiples, vous aidera à vous recentrer. Chaque fois que vous vous sentez envahi par une émotion négative, prenez le temps de respirer, accueillez cette émotion, écoutez ce qu’elle vous dit puis laissez-la partir. Exemple : La remarque de ma collègue sur sa charge de travail me met en colère, j’ai l’impression qu’elle sous-entend que je ne fais pas bien mon travail. Respirez… plusieurs fois. Cette colère est finalement peut être liée à votre peur de ne plus être à la hauteur. Or vous faites de votre mieux et c’est ce qui compte.

  • Un autre point important (plus facile à dire qu’à faire, mais comme toute habitude, plus vous pratiquerez, plus cela sera facile), ne pas faire de supposition. Comme dans l’exemple ci-dessus, il se peut que cette collègue soit spécialement fatiguée pour une raison X ou Y, sans être allé la voir pour lui exprimer vos sentiments, ne mettez pas des intentions ou des mots sur ce qui n’a pas été expressément communiqué.

Je vous conseille le petit livre pratique de Paul-Henri Pion « 50 exercices de lâchez-prise » aux éditions Eyrolles. 
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