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27
mai
2019

Management : comment accueillir un salarié au retour d’une longue maladie

Le 27 mai 2019 dans la catégorie Administratif & Droits
Management : comment accueillir un salarié au retour d’une longue maladie
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Chaque jour en France, un millier de cancers sont diagnostiqués. Environ 40 % concernent des personnes qui exercent un emploi, selon l'Institut national du cancer (INCa). Ces hommes et ces femmes vont, pour la plupart, devoir, pour un temps allant de quelques semaines à quelques années, rompre avec la vie professionnelle pour recevoir les soins nécessaires à leur guérison. Pour suivre leur traitement dans les meilleures conditions, ces salariés sont alors mis en congé maladie.

Après des semaines, parfois des mois, passés loin de l’entreprise pour se soigner, les salariés finissent par réintégrer leur poste. Une situation encore mal gérée par les employeurs. 
Un rôle clef
Des semaines, des mois ou des années plus tard, quand la maladie n’est plus qu’un mauvais souvenir, que les capacités physiques et psychiques sont revenues, sonne l’heure de la reprise. Si cette étape est essentielle pour le salarié, puisqu’elle signe le retour à une vie normale, elle est pourtant insuffisamment prise en compte par les entreprises. « La maladie reste tabou et rares sont les entreprises qui ont prévu cette situation, par exemple à travers un protocole coconstruit avec les travailleurs, en amont », déplore Magali Mertens de Wilmars, secrétaire générale de l’association Travail & cancer. Résultat, l’accueil est le plus souvent improvisé « et l’employeur a tendance à oublier qu’il a pourtant un rôle clef à jouer », poursuit l’auteur de Je rebondis après mon cancer (éditions Jouvence).


Même son de cloche du côté de Thierry Breton, directeur général de l’INCa, pour qui « ce qui manque d’abord, c’est la prise en compte d’une réalité : après un cancer, les personnes en rémission présentent des problèmes de concentration, d’organisation. Il faut sensibiliser les entreprises à mieux gérer ces questions-là », insiste le responsable.


Une charte d’engagement

C’est fort de cette nécessité que le Club des entreprises Cancer et emploi a vu le jour. La quarantaine d’entreprises et collectivités adhérentes ont signé « une charte de onze engagements, comprenant la promesse d’individualiser la discussion avec les salariés concernés, les faire s’exprimer sur leur projet professionnel, et d’informer l’équipe sur cette situation, en concertation avec le salarié. Cela permet d’adapter le poste du salarié, mais aussi de faire en sorte que le collectif accepte les aménagements. L’idée, c’est que si le manager déplace un salarié sur un bout de chaîne, parce que c’est moins pénible, que ses collègues n’aient aucun mal à adhérer », développe Thierry Breton.

Pour cet expert, « la maladie reste un sujet tabou » et les managers ont parfois bien du mal à « trouver les mots pour parler au salarié et aux équipes ». « Le manque de compréhension de la part de la hiérarchie se double parfois de difficultés à parler de la maladie. C’est pourquoi nous appelons de nos vœux un volet formation à destination des managers, dans le cadre du Club des entreprises Cancer et emploi », indique-t-il. Pour Magali Mertens de Wilmars, « si on veut être un peu cynique, ce travail sur l’accueil des salariés après une longue maladie a aussi un intérêt pour l’entreprise en termes d’image. Il faut leur dire « imaginez ce que vous avez à gagner en étant capables d’accueillir les anciens malades »».
Source : Paris-Normandie
Pour en savoir plus : www.travailetcancer.org et www.e-cancer.fr.