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08
novembre
2015

Docteur Erard le Beau de Hemricourt, fondateur d’Esperity

Le 08 novembre 2015 dans la catégorie Interview du mois
Docteur Erard le Beau de Hemricourt, fondateur d’Esperity
Interview du mois

Lancé en 2013 par deux visionnaires, Esperity.com est le premier réseau social mondial et multilingue à destination des malades du cancer, mais pas uniquement. Une révolution 3.0 dans le domaine de la santé.


Pourquoi vous êtes-vous lancé dans ce projet ? 

Je suis médecin, spécialisé en médecine nucléaire. J’ai suivi une formation en cancérologie à l’Institut Bordet. En travaillant quotidiennement avec des patients atteints de cancer, j’ai découvert combien ces derniers ne comprenaient souvent pas ce qui leur arrivait. Certains ne pouvaient même pas me dire quel était leur traitement. J’étais frustré de constater ce fossé entre médecins et patients. C’est là que l’idée a germé : créer un moyen de rendre le patient acteur de son histoire, l’éduquer, l’informer et en faire ce qu’on appelle en anglais un empowered patient.
Il est reconnu que des patients qui sont pleinement acteurs améliorent leur qualité de vie. Il y avait un mouvement de ce type outre-Atlantique : Patients like me. Mais rien en Europe, et rien qui ne soit concentré sur le cancer en particulier. C’est là que j’ai eu l’idée d’Esperity. J’ai rencontré Mitchell Silva, bio ingénieur, et nous nous sommes lancés dans l’aventure. En moins de deux ans,  nous avons plus de 5 000 inscriptions sur le site, de gens à travers le monde, particulièrement Europe et Amérique latine.

Esperity a depuis gagné l’attention de nombreux acteurs de l’innovation, et gagné des prix comme celui du meilleur prototype par le Microsoft Innovation Center.

Qu’offre Esperity exactement ?

Esperity change le paradigme patient/cancer. C’est un véritable écosystème, la santé version 3.0 Esperity permet aux patients d’être acteurs de leur histoire. Il permet d’échanger entre patients, ou accompagnants, mais aussi de trouver des informations médicales validées par des professionnels de la santé, une liste des essais cliniques en cours, des blogs, des recettes mais également un accès à un outil de gestion de la qualité de vie, une sorte de journal on-line qu’à terme, le patient pourra partager directement avec son médecin !

La qualité de vie du patient est un leitmotiv dans l’action d’Esperity. Pourquoi ?

Qualité de vie et mode de vie sont intimement liés. En agissant dessus, on a un impact direct sur sa santé. Aujourd’hui, nous développons un outil pour les hôpitaux. Il s’agira d’une plateforme à part permettant l’échange d’informations instantané entre docteurs et patients, ce qui permettra aux médecins de mieux comprendre la vie de leurs patients en dehors de l’hôpital.

Il y aura également des tables rondes virtuelles entre médecin et patients souffrant de la même pathologie. L’idée sous-jacente étant de reconstruire la relation patient-médecin ! Le patient sera véritablement au centre.

Quelle réception connaît Esperity dans le monde médical ?

Garant de notre crédibilité, nous avons un comité scientifique constitué de médecins prestigieux qui voient le futur de la santé dans Esperity dont le Pr Martine Piccart, chef du service de Médecine1 de l'Institut Jules Bordet, le Pr Dominique Bron, Chef du Département d'Hématologie Clinique et Expérimentale de l'Institut Jules Bordet, le Pr Marc Hamoir, Président du Conseil d'Administration au sein du Centre du Cancer des Cliniques Universitaires Saint-Luc.

Les médecins sont débordés, certains craignent la surinformation du patient. Mais c’est un fait, avec Internet, les patients font des recherches et arrivent avec des questions précises. Nous militons pour sortir du paternalisme médical.

Comment envisagez-vous le futur pour Esperity ?

Aujourd’hui, nous avons une réelle reconnaissance en Belgique, les portes s’ouvrent. Nous avons envie de nous exporter, de collaborer avec d’autres pays pour avoir davantage de patients et donc d’interactions.

Le futur, et c’est déjà le cas maintenant, de la recherche en cancérologie, c’est l’analyse des mutations génétiques dans le cancer. En intégrant le module d’Esperity dans les hôpitaux, en allant à la rencontre des organisations de patients, nous permettrons à la recherche d’avancer plus rapidement en collectant les données épigénétiques (c.à.d. ce qu’on ne connaît pas du patient à l’examen clinique, son mode de vie, etc.), de manière anonyme, je le précise, et en étudiant comment réagissent les patients aux traitements.

Un win-win pour le monde médical et les patients ? 

Tout à fait ! Maintenant, il nous reste à trouver les bons partenaires.


Propos recueillis par Magali Mertens pour Vie & Cancer


Le site: www.esperity.com

Contact mail : erard@esperity.com