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18
juillet
2016

"Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs" - N. Mandela

Le 18 juillet 2016 dans la catégorie Conseils du coach
"Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs"  - N. Mandela
Conseils du coach

Pour dépasser un épisode douloureux comme une maladie grave telle que le cancer, certains éprouvent le besoin d’effectuer un changement dans leur vie, d’agir plus adéquatement avec ce qui fait sens pour eux, les valeurs qui sont importantes à leurs yeux. Pour le médecin et psychothérapeute Thierry Janssen « Cette expérience de chaos agit comme une piqûre de rappel sur notre besoin de sens, fondamental et inhérent à la nature humaine ». Donner du sens, ce n’est pas trouver une raison à la maladie, mais plutôt décider de regarder sa vie autrement, puisque on ne pourra plus rien changer au passé.

Je lisais récemment un article extrêmement intéressant, bien que je ne rejoigne pas entièrement  tous les propos de la personne interviewée. Il s’agit d’un entretien avec Martine Rossel, psychologue suisse, coordinatrice de la Plateforme romande de psycho-oncologie. Cette dernière réagit à la publication de deux ouvrages[1]qui s’insurgent contre deux discours dominants face aux personnes malades du cancer : 1) la recherche du pourquoi, et 2) pour guérir, il faut se battre, ou le moral, c’est 50% de la guérison.  Dans cet interview, Madame Rossel dénonce elle aussi les effets dévastateurs de l’injonction de « rester positif », et la volonté de lier une blessure psychologique au développement de la maladie, propos qu’elle nuance toutefois en admettant que rien ne prouve toutefois que lien n’existe pas non plus.

Bien que ce ne soit pas le sujet même de l’interview, qui traite des discours « imposés » aux malades qui ne le demandent pas, pour lesquels l’écoute active reste le meilleur accompagnement qui soit, conclue très justement Madame Roussel, elle constitue une bonne introduction à une réflexion sur ce que les patients choisissent de faire de cet épisode douloureux.

Les rayons de développement personnel sont remplis d’ouvrage d’anciens malades qui ont opéré un virage à 180 degré suite au cancer. Cela peut passer pour une injonction tacite à « en faire quelque chose », à sublimer l’expérience. Au contraire, j’y vois l’expression d’un choix personnel. A chaque patient de vivre dans l’après comme il le souhaite, si c’est tourner la page sans autre forme de procès, c’est un choix tout aussi légitime.

Vivre, c’est expérimenter. La maladie est une expérience et comme toute expérience, nous sommes libres d’en faire ce que nous voulons. Si plaquer son job pour aller ouvrir une chambre d’hôte dans un village perdu en Auvergne ne vous parle pas, inutile d’angoisser, au contraire, peut-être appréciez- vous plus votre vie telle qu’elle est, tout simplement, et c’est déjà beaucoup.

Il n’est facile de jongler entre toutes les injonctions paradoxales de la société. Il y a dans l’expérience du cancer un lâcher prise inévitable, alors qu’on parle de plus en plus de patients acteurs (patient empowerment). Les deux ne sont pourtant pas incompatibles. Le choix est à nouveau au cœur de la question. Je peux choisir de modifier ou non mon mode de vie, je peux choisir de rester dans la crainte perpétuelle d’une rechute ou décider d’apprivoiser ma peur pour continuer le chemin.

Finalement, ce sont nos actes qui parlent pour nous. Mais nous ne perdons jamais au change (c’est là mon intime croyance) à questionner nos sentiments. C’est en prenant du recul que nous parvenons à davantage de cohérence intérieure. Si le discours « moraliste » tendant à faire de tout ancien patient un sage philosophe vous énerve tellement, demandez-vous ce qui vous touche dans cette affirmation. Si la tendance de vos proches à faire comme si de rien n’était après la maladie vous attriste à ce point, pensez à vous demander « qu’est-ce que cela m’apprend sur moi ? ».

On peut se dire qu’on n’a pas choisi de vivre un cancer, de perdre quelqu’un, de ne plus être capable physiquement de vivre comme avant, mais on peut choisir ce que l’on en fait. Il ne faut pas confondre cette manière de voir avec une injonction à être heureux, mais plutôt la considérer comme une invitation à vivre en pleine conscience la vie qui nous est donnée.




[1]Pascale Leroy: «Cancer et boule de gomme», Robert Laffont, 175 p. et Patrick Ben Soussan: «Le cancer est un combat», Erès, coll. «Même pas vrai», 2004.